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calculatrice |
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Fâché
comme je l’étais depuis mes débuts
au lycée, avec les mathématiques sous toutes
leurs formes, il ne me serait jamais venu à l’idée
de mettre en chantier un appareil calculateur si, à
l’occasion de bricolages sur un bateau télécommandé,
je n’avais découvert les charmes du comptage
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1.
mise à zéro du compteur
2. envoi au compteur
de 4 impulsions
3. l’afficheur
indique : 4
4. envoi au compteur
de 2 impulsions complémentaires
5. l’afficheur
indique : 6.
CQFD, on vient de réaliser
une addition. |
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La
soustraction se fait elle aussi en deux temps :
1. mise à
zéro du compteur ;
2. une horloge
envoie 5 impulsions, compteur bloqué ;
3. au bout de
3 impulsions, une circuiterie débloque le compteur, qui
commence à s’incrémenter ;
4. lorsque l’horloge
s’arrête le compteur affiche 2.
CQFD, on vient de soustraire. |
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Pour
la multiplication, c’est encore plus simple :
1. mise à
zéro du compteur ;
2. envoi de 6
trains de 3 impulsions ;
3. comptage du
nombre de trains
CQFD, le compteur affiche 18. |
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Sur
l’afficheur à six chiffres tout tient puisque mon
opérande et mon opérateur sont, par construction,
larges de 2 chiffres : la plus grosse opération que l’on
puisse faire, 99*99 tient à l’aise puisque le résultat
(9801) ne fait que quatre chiffres de large.
Quant à la division, elle consiste à séparer
en paquets de deux chiffres (l’opérande) un nombre,
le plus élevé possible, issu de l’opérateur
après que celui-ci ait été automatiquement
multiplié par 1 000, 10 000, 100 000 ou
1 000 000. Ainsi, la précision la plus grande est obtenue
en cinq ou six tentatives.
15 divisé par 5 va ainsi donner successivement 2,1,5,6,3,8,
puis 2,6,3,7,1,0 etc. jusqu’à 3,0,0,0,0,0.
On dit [je dis] que la machine « converge » : ne
me demandez pas pourquoi, je n’en ai aucune idée.
Enfin, pour les virgules, c’est très simple : incapable
de maîtriser leur position (valeur décimale du
résultat), j’ai décidé de les allumer
toutes. À l’usager [ ?] de maîtriser l’ordre
de grandeur. Il a les numéros, ce n’est déjà
pas si mal, je ne sais pas si la machine de Pascal en donnait
autant.
Précision importante sur la multiplication : en réalité,
l’opération 6*3 ne donne pas 18 mais 19.
De même, 3 fois 2 font 7, et 5*5 font 26. Ne me demandez
pas pourquoi, je n’en ai aucune idée.
Frustré par cette imperfection, j’ai conçu
un gros bloc électronique (sept circuits intégrés)
agencé pour soustraire 1 du résultat d’une
multiplication, dès celle-ci terminée : 5*5=25. |
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On
pourra trouver à ce patch toutes les qualités,
sauf l’élégance.
Pas grave, l’ « élégance » c’est
pas mon truc.
Mais le résultat net est que cette machine a perdu toute
originalité (sauf celle de devoir « converger »
pour les divisions), toute personnalité, et le principal
de cet erratique fonctionnement qui, à mes yeux, faisait
une grande partie de son charme. [Cette construction est contemporaine
de celle du train et de la pendule rétro.]
Donc, j’ai fini par mettre hors circuit mon gros patch
et de nouveau, comme il y a trente ans, la calculatrice affiche
fièrement 3*3=10. |
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