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le
prix Edward Rhein |
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On
m’a informé il y a quelques années que j’étais
nominé, dans la catégorie Théorie de l’Information,
par le jury Edward Rhein (Nobel allemand, paraît-il). |
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J’en
fus évidemment honoré, mais quelle ne fut
pas ma déception de découvrir que je n’étais
pas seul : un autre lauréat, bel et bien allemand
lui, était nominé au même rang que
moi. Or je connaissais les travaux de cet inventeur polygraphe
(électricité, électronique, mécanique,
etc.), et le brevet qu’il avait déposé
sur la carte à puce n’arrivait pas à
la cheville du mien.
D’un
autre côté, c’était une période
de ma vie où les 400 000 F du prix étaient
susceptibles de m’aider à payer un reliquat
d’impôts : il m’était donc difficile
de refuser le prix. (Si je l’avais fait, d’ailleurs,
le jury Edward Rhein aurait été bien embêté
: impossible d’attribuer à mon seul rival
la paternité de la carte à puce.) |
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J’y
suis donc allé : smokings, robes longues, ambiance
très Nobel, en effet.
Et lorsque mon tour est venu de faire un speech de remerciement
devant toute l’audience en extase, j’ai indiqué
que j’étais fier de cette distinction, et
que je la collerais dans mes toilettes entre ma carte
de fidélité à Pizza-Hut et le bon
de réduction sur mon prochain pack de 12 pepsis.
Je fus sifflé, hué (personne — sauf
l’autre inventeur — n’avait la moindre
idée de mes raisons), et un bref scandale éclata,
où ma qualité de « Chevalier »
[de la Légion d’honneur] fut mise en question. |
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