les dates clés
le gilet
  TBA (la Théorie du Bordel Ambiant) fut un tel succès de librairie que Hachette chercha à en acquérir, auprès de son éditeur Pierre Belfond, les droits pour l’édition Poche.  
 

Simultanément, en 1992, Le Nouvel Observateur eut l’idée d’un concours de lecture centré sur la Théorie du Bordel Ambiant.
Apple se joignit au jeu, et dota le concours de la plus magnifique configuration Macintosh de l’époque, d’une valeur de l’ordre de 100 000 F.
Il eût été légitime d’en faire le premier prix, n’eût été une péripétie intervenue entretemps : j’étais entré en amitié avec Thierry Lhermitte.

Voici dans quelles circonstances.
Lisant un jour par hasard une revue plutôt déconnante du nom de « 7 à Paris », je tombai en arrêt sur une interview de cet acteur que, comme tant d’autres cinéphiles, j’avais statufié après l’adaptation cinématographique, par Jean-Marie Poiré, du Père Noël Est Une Ordure qu’avait créé le Splendid.
Que disait l’interview ? Des choses comme :
— Avez-vous des perversions sexuelles ?
— Aucune. (Sauf si l’on appelle « perversion » l’envie de sodomiser des cadavres d’animaux.)
Voilà qui suffisait à me ravir. Et à me donner envie d’être copain avec l’auteur de tels propos.
Ou bien :
— La coiffure est-elle un art qui vous préoccupe particulièrement ?
— Oui, et à ce propos, je tiens à rétablir une vérité importante. Roland Moreno, dans sa Théorie du Bordel Ambiant — un livre que j’adore — fait sans cesse des énumérations style « la Liberté, la Justice, la Démocratie [...], la coiffure, merci Coluche », etc.
Or il n’est pas juste de créditer Coluche de ce gag parce que ce gag est de moi. Il faut que cela soit su.
Je n’en revins pas qu’un personnage aussi haut placé dans mon Panthéon personnel puisse dire à propos de MON livre, MON oeuvre, MA fierté : « un livre que j’adore ».
Je l’ai contacté, et c’est comme cela que nous sommes devenus amis.
Cette affaire de concours étant maintenant bien en route, je demandai à Lhermitte si, en guise dotations, on ne pourrait pas placer le Macintosh en seconde position et — inaccessible espoir — le gilet que dans le film Anémone offre à Lhermitte, comme 1er prix.
Il me promit instantanément de faire le maximum pour exhumer cet accessoire vieux de dix années, mais finalement échoua. (C’est en définitive une amie qui l’a tricotée au crochet, sans quitter des yeux un magnétoscope défilant en image/image.)

  À l’issue de ce concours, c’est bien entendu la loi de l’emmerdement maximum qui frappa : le gagnant n’avait rien à fiche du gilet d’Anémone, mais se tordait les mains de désespoir ayant été 1er plutôt que second, tandis que le prix suivant était décerné à un habitué du PC et du DOS, profondément indifférent à une configuration Macintosh, aussi luxueuse soit-elle.
Je les fis se rencontrer, offris le Macintosh au premier lauréat (ravi) et fit rechercher l’intégrale des Marx Brothers en VO (rarissime), qui enchanta son concurrent.
Quant au gilet fait main, je l’ai encore, il trône au centre de mon bureau et est immédiatement identifié par — incrédules — quatre visiteurs sur cinq.
   
tous les délires
ingratitude des débuts
balbutiements du Radoteur
le prix Edward Rhein
massif central
digicodes
pendule rétro
milliardaire
le train
calculatrice
le gilet
cui-cui
l'egglift
jeux de mots
synok
   
© Collector Roland Moreno 2004