 |
ingratitude
des débuts |
 |
 |
| |
 |
 |
Je
me suis souvent demandé, avec le recul, comment
et pourquoi je me suis lancé, dès la 6e
dans l’« électronique » (un bien
grand mot pour désigner la confection d’un
poste à galène).
Mes tous débuts (du côté
de la rentrée) n’avaient pourtant rien d’encourageant
: mes parents m’avaient offert une maquette de bateau,
un modèle électrique destiné à
voguer sur l’eau des Tuileries ou du Luxembourg.
|
|
|
 |
| |
Or,
premier constat, dans ma baignoire, une fois chargé de
toutes ses piles, la ligne de flottaison du petit yacht tangentait
le pont principal de façon inquiétante.
Ayant par ailleurs égaré l’interrupteur
d’arrêt-marche, je trouvai malin de remplacer celui-ci
par un bouton de lampe de chevet, du type qui allume quand on
appuie et qui éteint quand on appuie à nouveau.
Or, par principe, les boutons de ce genre exigent une assez
nette force d’appui, que ce soit pour allumer ou pour
éteindre. |
|
 |
| |
 |
|
 |
| |
Solennellement,
la construction terminée, j’emmenai un copain au
Luxembourg pour l’inauguration de cette auto-proclamée
« maquette ». Je plongeai le bateau dans l’eau,
où, malgré la charge démentielle des piles,
il ne coula pas tout de suite.
C’est par contre quand j’appuyai sur le bouton de
lampe de chevet pour le faire démarrer qu’il s’enfonça
d’un centimètre supplémentaire, se laissant
instantanément envahir par l’eau dont il était
cerné.
Avant que j’aie pu esquisser un geste il était
au fond, — où il gît encore, sauf si le dieu
des petits enfants l’a, un jour de grand nettoyage, récupéré
au bout d’un râteau.
[J’ajoute que c’est sans ravissement aucun que nous
le vîmes évoluer, tel un sous-marin, au fond de
l’eau saumâtre : appuyant sur le bouton j’avais
bel et bien enclenché le moteur, et celui-ci propulsait
la « maquette », une trentaine de centimètres
en dessous du niveau du bassin.] |
|
| |
|
|
|
|